Le blogue

Un espace de discussion sur le journalisme indépendant et l’AJIQ, sur les hauts et les bas du métier, ses bouleversements et son avenir.

 

16 mai 2013

Quel avenir pour le journalisme indépendant ?

par Marie-Eve Cloutier

Le samedi 28 septembre 2013, l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ)

vous invite aux :

États généraux du journalisme indépendant (25 ans AJIQ)
le samedi 28 septembre 2013
8 h 30 à 17 h

&

Grands prix du journalisme indépendant (5e édition)


le samedi 28 septembre 2013
17 h à 23 h

Hilton Bonaventure
900, rue de la Gauchetière Ouest à Montréal

Pourquoi des états généraux?

Le monde journalistique est en bouleversement et les conditions de pratique du journalisme indépendant ne cessent de se détériorer. Dans ce contexte, comment préserver nos droits d'auteurs et notre droit moral? Comment s'assurer d'une rémunération juste et équitable? Comment pratiquer un journalisme rigoureux à la hauteur des attentes du public?

Venez débattre ces questions et explorer des pistes de solutions avec nos invités. Participez aux États généraux du journalisme indépendant (ÉGJI) organisés pour vous à l'occasion des 25 ans de l'AJIQ!

La journée entière sera consacrée au journalisme indépendant : ateliers de formation en matinée, dîner animé par le journaliste François Bugingo, conférenciers, débats et plénières en après-midi.

Après les ÉGJI, quoi de mieux qu'une célébration du journalisme indépendant?

Les Grands prix du journalisme indépendant 2013 : 5 ans d'excellence!

Chaque année depuis cinq ans, les Grands prix du journalisme indépendant (GPJI) célèbrent la qualité exceptionnelle des productions journalistiques indépendantes du Québec dans une atmosphère détendue et festive. Les prix remis au cours de ce gala récompensent le travail journalistique sous toutes ses formes : presse écrite, multimédia, photoreportage et illustration éditoriale.

Les GPJI marquent leur 5e anniversaire en grande!
Un cocktail des rédacteurs en chef ouvrira la soirée à 17 h.
Il sera suivi d'un souper gastronomique de quatre services.

Venez célébrer l'excellence du journalisme indépendant aux GPJI!

Billets en prévente en ligne sous peu, restez à l'affût!

Tenue de ville

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26 avril 2013

Anabel Cossette-Civitella - Lauréate de la Bourse AJIQ-Le Devoir 2013

par André Dumont

Montréal, le 26 avril 2013 - L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) et Le Devoir sont heureux de dévoiler le nom de la lauréate de la dixième édition de la Bourse AJIQ-Le Devoir. Anabel Cossette-Civitella remporte une bourse de 2500 $ assortie d'un stage de quatre semaines dans la salle de rédaction du Devoir.


Mme Cossette-Civitella a impressionné tant le jury de la bourse que la direction du Devoir.


Diplômée récente de la Faculté des arts de l'Université McGill, où elle a obtenu une majeure en développement international et une mineure en psychologie, la lauréate se passionne pour le journalisme depuis le secondaire. Très impliquée, elle a été rédactrice en chef du journal étudiant Le Délit et journaliste à la radio CKUT 90,3 FM. Elle a également travaillé dans la salle de rédaction du Journal de Montréal à l'été 2012. Elle effectue actuellement un stage à l'hebdomadaire francophone L'Étoile, à Moncton.


Siégeaient au jury le journaliste au Devoir Fabien Deglise, la secrétaire de la rédaction du Devoir Amélie Gaudreau, la journaliste au Devoir et membre du CA de l'AJIQ Amélie Daoust-Boisvert et la journaliste indépendante Isabelle Ducas. Le jury était présidé par la journaliste indépendante Josée Blanchette. Le jury tient à souligner la qualité des dossiers reçus cette année, en particulier ceux des deux finalistes Catherine Lévesque et Sarah Poulin-Chartrand.


À propos de la Bourse AJIQ-Le Devoir


Cette bourse fait partie intégrante de l'entente contractuelle intervenue en 2001 entre l'AJIQ et Le Devoir. L'entente, qui reconnaît les droits d'auteurs et droits moraux des collaborateurs indépendants du Devoir, prévoit le versement de redevances sur les revenus tirés de la réutilisation de textes et d'éléments visuels sur des bases de données payantes, des livres en coédition ou autres publications que la version imprimée du journal Le Devoir.


Chaque année, la Bourse AJIQ-Le Devoir représente une chance unique pour les journalistes en début de carrière d'obtenir une expérience de travail d'une grande qualité.


Alors que l'AJIQ célèbre ses 25 ans en 2013, la bourse en est à sa dixième édition.


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Renseignements

info@ajiq.qc.ca


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24 avril 2013

Le succès invite au succès: Andrée Boulanger

par L'Indépendant

Dire d'un pigiste qu'il est ambitieux est sans doute un pléonasme, mais il n'en reste pas moins que pour Andrée Boulanger, sa détermination à toujours aller plus loin est le principal ingrédient de son succès. Lorsque je l'ai rencontré pour la première fois, l'étudiante que j'étais admirait sa persévérance à vouloir vivre de la pige. Cinq ans plus tard, je constate avec plaisir qu'Andrée est devenue une journaliste à qui la pige réussit très bien. Alors Andrée, quel est ton secret ?

Les contacts

Après un baccalauréat en histoire et un certificat en journalisme à l'Université Laval, Andrée fait un bref passage à la Radio touristique de Québec en tant que journaliste et directrice de l'information. Puis, enceinte de son deuxième enfant, elle décide de réorienter sa carrière vers le journalisme écrit et contacte alors une ancienne collègue de classe qui travaille à la pige à Montréal. Elle lui présentera Claude Marcil, un recherchiste d'expérience qui la mettra en contact avec plusieurs journalistes et recherchistes pigistes qui l'aideront à faire ses premiers pas dans leur univers. Ne restait qu'à avoir confiance en ses moyens et de foncer, «un méchant défi» selon elle.

Premier signe de sa belle détermination, Andrée dégote rapidement deux contrats, l'un avec Informe Affaires -- «sa première vraie chance à la pige» --, qui lui commande des articles sur une base régulière, puis avec le site MSN et le Journal de Montréal.

Le sens de l'organisation

Après trois ans de dur labeur, Andrée est fière d'avoir trouvé quatre clients stables qui lui assurent un roulement constant de commandes. Avec deux enfants de 7 et 3 ans, elle gère son agenda comme une femme d'affaires et organise son temps entre le départ pour l'école et la garderie des petits, les entrevues, la rédaction, les commandes en traitement et les activités familiales! Elle l'avoue, cela lui demande beaucoup d'autodiscipline!

Or, la possibilité de travailler à la maison et de gérer son propre horaire étaient les éléments-clé dans sa décision de devenir journaliste pigiste et elle reconnait aujourd'hui que ce sont ces points positifs qui la stimulent à continuer. Fière de son avancement et de sa situation professionnelle, elle est heureuse d'avoir su trouver une niche journalistique dans laquelle elle est confortable et performe bien.

Le sens de l'entrepreneuriat

Être maitre de sa destiné, voilà ce qui pourrait être le leitmotiv d'Andrée. Elle le dit elle-même, elle a quelques problèmes avec l'autorité (!) et être son propre patron est une situation qui la comble et nourrit ses ambitions. «Provoquer les choses», «accomplir», «se distinguer», Andrée a l'âme d'une fonceuse. Elle voulait un travail qui la stimule intellectuellement, du temps pour prendre soin de ses enfants et la possibilité de bâtir une vie à son image. Andrée a lancé des lignes à l'eau et récolte tour à tour les éléments pour réaliser ses rêves. 

Mais nul pigiste n'est à l'abri de l'incertitude et la crainte des mois plus tranquilles incite Andrée à chercher s'il n'y aurait pas un projet plus ambitieux, plus payant ou plus stimulant à l'horizon. Cela l'a notamment amenée à écrire la biographie de Maurice Roussin, un homme d'affaires de la région de Québec, et à se développer un beat en économie familiale par le biais d'un blogue: Faire plus avec moins.

La motivation

Être pigiste et réussir, c'est gratifiant. Réussir là où bien d'autres ont laissé tombé c'est un accomplissement personnel et professionnel. Andrée n'en démord pas, avoir «bâti» son emploi un contrat à la fois lui procure une grande satisfaction. Mais il reste un autre défi pour que l'épanouissement soit total: la reconnaissance.

Être pigiste hors de Montréal reste un statut difficile parce que méconnu. «C'est socialement difficile d'être pigiste. Les gens ne comprennent pas mon choix», estime Andrée qui trouve que le métier de journaliste pigiste n'est pas valorisé. Pas de fond de pension, pas de stabilité assurée... «Les gens me prennent pour une extraterrestre!» Et puis, il y a aussi la solitude du travail qui n'est pas toujours facile. Aurait-elle dû déménager à Montréal, où le bassin de pigistes est plus grand? Devrait-elle se joindre à une équipe de journalistes?

Qu'à cela ne tienne, Andrée projette de faire de la pige à la radio. Projet de démo, idée de chronique, rendez-vous, contact: si l'épanouissement professionnel n'est pas total, Andrée a toute l'énergie et la motivation pour qu'il le devienne.

***

Même si la pige lui réussissait très bien, Andrée a fait un saut de côté. Quelques mois après notre rencontre, elle a décroché un emploi comme conseillère en communication à la Société d'habitation du Québec. Elle qui pensait jusqu'à ce moment-là que la fonction publique n'était que «mourir dans un cubicule beige» a eu une grande surprise. Elle ne chôme pas, a du plaisir du travail et surtout, n'a plus d'incertitude financière et de déficit de temps avec sa famille. Preuve que le succès mène à d'autres succès.

Par Sophie Grenier-Héroux

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24 avril 2013

Une assemblée générale sous le signe de la mobilisation

par L'Indépendant

Le 19 mars dernier s'est tenu l'assemblée générale annuelle de l'AJIQ. Avec ses 170 membres, l'AJIQ démontre qu'elle est plus pertinente que jamais! Ce fut l'occasion non seulement d'élire un nouveau conseil d'administration, mais également de discuter des sujets chauds des derniers mois, ainsi que des défis à relever pour l'année à venir. Pour nos membres, ce fut une opportunité de poser des questions au conseil d'administration sortant, ainsi que de s'exprimer sur les enjeux qu'ils considèrent prioritaires. Cette année, il y a eu une grande nouveauté! Nos membres ont pu se connecter à distance par vidéoconférence (via Skype et Google Hangout). Ceci a non seulement permis une plus grande participation et mobilisation, mais a également démontré les efforts de l'AJIQ afin de rejoindre ses membres des régions.
Francine Bousquet, conseillère syndicale à la Fédération nationale des communications (à laquelle l'AJIQ est rattachée), s'est adressée aux membres afin de donner l'heure juste à propos de la négociation collective. En effet, depuis 25 ans, l'AJIQ milite pour une loi similaire à la Loi sur le statut de l'artiste, donnant aux journalistes pigistes un véritable pouvoir de négociation avec les entreprises de presse. N'étant pas salariés, les pigistes ne bénéficient d'aucune protection en vertu du Code du travail. Pour les membres présents, ce fut l'occasion de poser des questions à Mme Bousquet afin d'en apprendre plus sur ce processus.
Le récent contrat abusif que TC Media impose à ses pigistes continue de faire du bruit! L'AJIQ fut bien présente sur la place publique : la présidente de l'AJIQ, Mariève Paradis, a donné des entrevues, signé un texte dans Le Devoir, ainsi que de nombreux billets de blogue. André Dumont, VP sortant de l'AJIQ, a également signé des textes d'opinion, et Sara-Emmanuelle Duchesne a accordé des entrevues. L'AJIQ est très heureuse de la mobilisation obtenue jusqu'ici.
Cette année, l'AJIQ voit grand! En effet, le 28 septembre prochain se tiendront les États généraux du journalisme indépendant, conjointement avec les GPJI : ça sera une occasion de réfléchir sur les enjeux touchant cette profession, et des moyens pouvant être mis en place afin de résoudre certaines problématiques, en plus de récompenser des journalistes s'étant particulièrement distingué. Plus de détails seront communiqués sous peu.
L'AJIQ est très heureuse de présenter son nouveau conseil d'administration. La présidente est Mariève Paradis, qui aura comme mandat de porter tout au long de l'année les dossiers chauds. Les vice-présidents sont Simon Van Vliet, Sara-Emmanuelle Duchesne, Martin Forgues et Claudine Jacques. Les administrateurs sont : Christiane Dupont, Sarah Champagne, Marie-Ève Cloutier, Amélie Daoust-Boisvert ainsi que Marise Murphy. L'AJIQ leur offre ses plus sincères félicitations et un bon succès pour l'année à venir!

Par Claudine Jacques

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24 avril 2013

Sociofinancement - Sortir des sentiers battus

par Martin Forgues

Beaucoup de journalistes indépendants ont des projets ambitieux qui leur tiennent à cœur, comme des reportages à l'étranger. La triste réalité les rattrape souvent dans le détour - ils n'ont pas un rond pour le financer et le spectre de l'endettement vient inévitablement les hanter. Bonne nouvelle: terminée, la dépendance aux bourses et aux marges de crédit.


Une opportunité de financer ses projets sans devoir aller porter son ordinateur portable chez le prêteur sur gages est désormais à la portée de tous: le sociofinancement (de l'anglais crowdfunding), qui consiste à recueillir des fonds provenant de sources diverses en pssant par une plateforme Internet. Il est une des nombreuses variantes de ce qu'on appelle la finance participative, un terme «décrivant tous les outils et méthodes de transaction financières entre les individus avec pas ou peu d'intermédiation par les acteurs traditionnels». Autrement dit, au lieu d'emprunter à la banque - avec tous les désagréments que çela comporte -, on peut maintenant faire appel à la puissance des réseaux sociaux, au travers desquels plusieurs donateurs, parfois de parfaits étrangers, versent une contribution financière au projet. Quelque chose comme de la philanthropie 2.0.





Le potentiel de ce bouche-à-oreille virtuel est énorme, mais nécessite beaucoup d'investissements en temps, en promotion et en diffusion. L'avantage principal est qu'un projet diffusé sur les réseaux sociaux peut atteindre des milliers de donateurs potentiels. Un projet qui aurait besoin de 10000$, par exemple, pourrait se financer avec l'aide de 1000 donateurs qui donneraient chacun 10$. Faites le calcul - un projet bien ficelé, avec une diffusion maximale, peut attiser beaucoup d'intérêt, donc beaucoup d'argent pour le projet. En échange d'un don, un «cadeau» est proposé aux donateurs, l'importance de celui-ci étant proportionnel au montant. Pour un documentaire, par exemple, un don de 20$ peut valoir une copie gratuite de l'œuvre, 100$ une invitation «VIP» à la première, 200$ une mention spéciale au générique, et ainsi de suite.


Créativité, initiative et fibre entrepreneuriale.


Le sociofinancement est actuellement en explosion, surtout dans les secteurs créatifs (arts, médias). Plusieurs plateformes sont devenues très populaires au fil du temps, avec en tête le site Kickstarter, qui jouit de la plus grande visibilité. C'est par cette plateforme que l'équipe de l'ancien président de l'Association des journalistes indépendants (AJIQ), Nicolas Langelier, a pu financer le démarrage du magazine Nouveau Projet. Petit hic: il faut avoir accès à un compte bancaire américain, le transfert de fonds se faisant par Amazon Payments, seulement disponible aux Etats-Unis. Heureusement, d'autres plateformes affichant de très hauts taux de succès sont disponibles pour les créateurs de projets québécois.


La meilleure option pour les journalistes indépendants d'ici est, pour le moment, Indiegogo, utilisée actuellement par le membre de l'AJIQ Marc-André Sabourin pour son projet Inouï, une plateforme numérique produisant du journalisme littéraire. En plus de permettre le transfert de fonds avec PayPal, elle offre des options de financement variées: il est possible de choisir entre un mode «flexible» (tous les fonds seront versés au projet même si ce dernier n'atteint pas son objectif de financement) ou «fixe» (l'objectif doit être atteint à 100% sinon tous les donateurs sont remboursés). Il existe même une plateforme québécoise, haricot.ca, qui a jusqu'à maintenant permis la concrétisation de 12 projets.


Pas une recette miracle


Mais au-delà des nombreux avantages, le concept n'est pas dépourvu d'inconvénients, si mineurs soient-ils. Le principal? L'investissement en temps. Plusieurs heures seront nécessaires non seulement pour ficeler le projet, mais également pour le gérer et en faire la promotion - se fier à l'idée du «fire and forget» (on poste et la diffusions se fait d'elle-même) associé aux réseaux sociaux est un peu utopique. On peut aussi penser que le sociofinancement comporte une date d'expiration: le nombre de donateurs qu'on peut rejoindre avec ce mode risque de s'étioler avec le temps, la plupart d'entre eux étant enclins à financer un, deux, peut-être trois projets, sans plus, nécessitant la recherche constante d'autres donateurs au sein de cercles sociaux de plus en plus éloignés.


En général, 25% des donateurs font partie du cercle «intime» des idéateurs (famille, amis, collègues proches), selon les administrateurs d'Indiegogo. Il faut donc surtout voir le sociofinancement comme un excellent moyen de démarrage. Cependant, il ne coûte jamais très cher d'essayer. Un dernier: le projet ne doit pas dépendre à 100% du sociofinancement. Il faut prévoir de recourir à d'autres formes de financement (banques, économies personnelles).


Le journalisme traditionnel serait en crise, dit-on. Heureusement, le 21e siècle offre de grandes opportunités pour le remodeler, et les journalistes indépendants sont les premiers à en bénéficier.


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L'auteur de ces lignes a financé un projet de journalisme en zone de guerre au Mali et en Afghanistan grâce à la plateforme Indiegogo.


Lire ses articles:

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